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Blogue Michel Lacroix | L’avantage de la « patinoire »

Les partisans montréalais ont fièrement affiché leurs couleurs en 2007. En 2024, l’appui des fans pourrait être un facteur déterminant. (Getty)

Quand j’ai interrogé Mike Weir lors de la conférence de presse confirmant le retour de la Coupe des Présidents au Club de golf Royal Montréal, à propos de ses meilleurs souvenirs de l’édition 2007, il a immédiatement fait référence à l’appui que les joueurs de l’Équipe internationale avaient reçu. Les fans canadiens se sont rangés derrière les membres de leur équipe, comme ils le font si souvent lors des grands rendez-vous de hockey.

 

Michel Lacroix | RDS

Collaboration spéciale

 

Pourquoi insister sur cet aspect ? Parce que cela pourrait très bien être la clé d’une éventuelle victoire de l’Équipe internationale. Quand on analyse les formations des Internationaux, on se rend compte à quel point les capitaines ont été confrontés à un sérieux problème d’appartenance. En Australie, en 2019, l’équipe comptait sur des représentants de neuf pays. Au Liberty National, au New Jersey, en 2017, huit pays étaient représentés. La délégation internationale provenait de sept pays en Corée, en 2015. À Muirfield Village, en 2013, il y avait six pays et une forte délégation sud-africaine, avec cinq joueurs.

Bref, on a vainement tenté, jusqu’à présent, d’imiter la fibre européenne qui anime l’équipe des Bleus lors de la Coupe Ryder. Ce ne sont pas les efforts qui ont manqué.

Le dernier capitaine, Ernie Els, a multiplié les interventions et les innovations pour permettre à ses joueurs d’afficher cette complicité. Il a presque réussi. N’eût été une très solide performance des Américains lors des matchs individuels, ses efforts auraient été couronnés de succès. On conviendra qu’il est loin d’être facile de trouver la fibre commune pour unifier sous une même bannière des joueurs provenant de pays aussi disparates que l’Australie, le Japon, l’Afrique du Sud, le Mexique, la Chine, Taiwan, la Corée, le Chili et le Canada.

C’est dans le même état d’esprit que les Internationaux doivent se présenter au prochain rendez-vous, qui aura lieu à Charlotte, aux États-Unis. Il est vrai qu’ils feront face à une équipe extrêmement puissante et, surtout, très jeune. La plus récente génération de champions américains risque d’être parmi les plus dominantes tellement elle regorge de joueurs de talent.

 

L’effet canadien

En contrepartie, est-ce parce que nous sommes plus sensibles à leurs performances qu’on note une présence canadienne plus importante depuis quelques saisons ? Les programmes de développement commencent à rapporter des dividendes, comme c’est le cas au tennis par exemple.

Adam Hadwin, Corey Conners, Mackenzie Hugues et Nick Taylor sont des valeurs de plus en plus sûres. Taylor Pendrith et Jared du Toit représentent de beaux espoirs. Pourquoi ne pas souhaiter une bonne délégation canadienne, en 2024, et espérer des résultats à l’avantage des Internationaux ?

Adam Hadwin, Graham DeLaet et Mike Weir, les trois golfeurs canadiens à avoir participé à la Coupe des Présidents jusqu’ici, étaient unanimes lors de leur rencontre avec la presse. Une présence canadienne accrue aurait un impact considérable sur les amateurs et pourrait devenir un facteur non négligeable sur le résultat final.

Non pas qu’il soit souhaitable d’en arriver aux débordements qui ont marqué certaines éditions de la Coupe Ryder entre les Américains et les Européens, mais plutôt un appui manifeste et bien senti, dans le respect, comme ce fut le cas en 2007.

On a si souvent utilisé les décors tirés des matchs de hockey lors de l’Omnium canadien qu’on a presque usé la formule. Ce qu’il faudrait faire, en 2024, c’est plutôt de construire une équipe « locale » provenant de pays différents et lui donner l’avantage de la « patinoire ». Lui permettre de sentir l’appui des partisans.

Pour ce faire, il est vrai qu’il faudra offrir des performances qui permettront d’espérer une victoire. Mais ce qu’Els et ses joueurs ont accompli à Melbourne, en Australie, se veut une base très solide. Trevor Immelman, qui sera le capitaine des Internationaux pour 2021, devra emprunter la même recette.

Resterait tout simplement à nommer Mike Weir comme capitaine pour le retour de la Coupe des Présidents à Montréal, et lui donner l’occasion de profiter de l’avantage de la « patinoire », ce que l’Équipe internationale n’a réussi à faire qu’une seule fois (en Australie, en 1998) pour mériter son unique victoire dans l’histoire de cette compétition.

 

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