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Blogue Michel Lacroix | Circuit PGA Tour: la création d’une bulle

Le commissaire du circuit PGA Tour, Jay Monahan, est clair : la santé de la population prévaut. (Getty)

Le défi est colossal. Créer une bulle, un monde parallèle en quelques semaines. Les dirigeants du circuit PGA Tour ont en effet la ferme intention de reprendre les activités du circuit à compter de la mi-juin. Quels sont les défis ? Quels seront les impacts financiers de cette nouvelle réalité ?

 

Michel Lacroix | RDS

Collaboration spéciale

 

L’objectif est de présenter un calendrier modifié dont les tournois seraient disputés dans une quinzaine d’États américains, incluant trois tournois majeurs et la Coupe Ryder. Les risques et les embuches sont considérables. Pourtant, on espère bien que le golf deviendra le premier sport professionnel à redonner un semblant de normalité à l’ensemble de la planète.

 

Mais il faudra d’abord trouver le moyen de réunir environ 150 joueurs éligibles pour chaque tournoi. Afin de minimiser le nombre de personnes nécessaires au sein de cette caravane, on devra faire des choix. À titre d’exemple, ce ne sont pas tous les joueurs interrogés qui sont prêts à se lancer dans la mêlée sans être accompagnés de cadets. D’autres, dont Max Homa, sont plus réceptifs à cette idée. « Quand je ne suis pas en tournoi, je joue sans cadet. Je devrais m’y faire… »

 

S’ajouteront à cette troupe ambulante les officiels et le personnel de soutien logistique. Et on devra aussi tenir compte de tous les intervenants en périphérie provenant des secteurs du transport, de l’hébergement, de l’alimentation, du médical et des médias. Cela pourrait facilement frôler les 500 personnes.

 

Cette petite armée devra obligatoirement se conformer aux règles strictes des autorités de la santé et veiller à maintenir un environnement sécuritaire à tous les points de vue. On peine à imaginer le nombre de tests qui seront requis quotidiennement pour satisfaire les exigences. Des études en ce sens font état de milliers et de milliers de tests. Quand on pense qu’on ne peut satisfaire à la demande pour les besoins essentiels, l’exercice risque d’être fort mal perçu au sein du grand public. Le commissaire, Jay Monahan, a d’ailleurs été très clair.

 

« Nous allons retourner à la compétition uniquement lorsque le tout sera sécuritaire et selon les directives des autorités en place. Nous ne priverons personne de ce dont on a besoin dans la société », a-t-il affirmé.

 

Chaque site choisi devra faire l’objet de mesures de sécurité exceptionnelles. Dans les circonstances, le golf présente le défaut de ses qualités. Bien sûr, l’espace rend la distanciation physique plus facile, mais il faut hélas convenir que l’immensité des propriétés transforme le contrôle des lieux en véritable cauchemar. Selon les endroits, cela se traduira par une augmentation du personnel. La sécurité sera un élément clé de la reprise.

 

Pertes financières à prévoir

Les organisateurs de tournois écoperont sans aucun doute. Les pertes financières seront très importantes. Les budgets, selon l’importance des tournois, peuvent varier de trois à six millions de dollars. Sans les rentrées d’argent occasionnées par la vente des loges corporatives, la tenue des tournois pro-am très lucratifs et les revenus des concessions, il sera impossible de mettre en place des infrastructures adéquates. Cela représente généralement de 80 à 85% de leurs revenus. Ils devront se tourner vers leurs partenaires commerciaux et vers leurs commanditaires pour assurer la survie des évènements.

 

Cela dit, on a laissé planer la possibilité que les bourses offertes aux joueurs fassent l’objet de coupures pouvant aller de 10 à 30 %. Et ce ne sont pas les seuls bénéfices habituellement offerts aux participants qui risquent de diminuer, voire de disparaître. Mentionnons notamment les voitures de courtoisie, les salons privés et les apparitions corporatives qui risquent d’être des souvenirs d’un passé pas si lointain.

 

Certes, les joueurs ont indiqué qu’ils sont anxieux de revenir à la compétition. La très grande majorité a accordé un énorme vote de confiance aux dirigeants du circuit PGA Tour. Ils sont d’avis que les dirigeants ont fourni tous les efforts pour mener à bien cette reprise. Les inquiétudes les plus vives concernent la vie familiale des joueurs. Plusieurs d’entre eux ont admis être préoccupés par cet aspect du problème. Pourront-ils être accompagnés de leurs proches au moment de se lancer dans pareille aventure ? Quant à la préparation physique, plusieurs ont été en mesure de continuer à jouer ou, à tout le moins, de maintenir la forme grâce à des simulateurs, entre autres.

 

Le 11 juin, au Colonial de Fort Worth, le premier joueur à s’élancer lors du Challenge Charles Schwab n’aura probablement jamais songé vivre pareil moment un jour.

 

Un horaire remodelé

Au moment de la confirmation de la pandémie de la COVID-19 lors du Championnat des joueurs, qui a été annulé après une ronde le 12 mars dernier, 22 tournois avaient été complétés. Depuis, dix événements ont été annulés et un autre, le tournoi olympique de Tokyo, a été reporté. Les dirigeants du PGA Tour tenteront donc de présenter, dès le 11 juin, 14 tournois qui permettront de conclure la saison 2019-2020 avec le Championnat du circuit. Les quatre premiers tournois seront disputés à huis clos. S’ajouteront à la liste l’Omnium des États-Unis, dorénavant prévu en septembre, et la Coupe Ryder, qui suivra immédiatement après. Le Tournoi des Maîtres présentera quant à lui le parcours du Augusta National sous un autre jour, en principe du 12 au 15 novembre.

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