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Blogue Jean-Sébastien Légaré | Souvenirs d’une journée au paradis!

C’est un immense privilège de pouvoir accéder à la propriété du Augusta National. Autant pour les joueurs, les membres des médias que les spectateurs. Il y a maintenant cinq ans que j’ai eu cet honneur et je peux toujours me le remémorer comme si c’était hier.

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

Pas besoin de vous mentionner comment je me sentais quand l’un de mes bons amis m’a informé qu’il avait en sa possession des billets pour la ronde de pratique du lundi 4 avril 2016 pour le fameux Tournoi des Maîtres. J’avais tout simplement de la difficulté à croire que j’allais réellement y être. Augusta National!

Organisation de dernière minute oblige, notre lever dans la grande région d’Atlanta a été matinal, soit à 4h30. Quelques heures de route plus tard, nous sommes arrivés sur place en constatant que sans le Tournoi des Maîtres, Augusta n’est qu’une ville américaine comme des centaines d’autres. Mais certainement pas durant la semaine du Masters.

Il est 7h30 et plus de 1000 voitures sont déjà stationnées tout près du parcours. Merci aux installations d’Augusta National qui permettent aux « patrons » (nom anglophone que l’on donne aux spectateurs) de vivre une expérience sans faille. Stationnement gratuit, personnel strict, mais souriant.

J’avais l’impression d’être à Disney tellement l’entrée principale était bondée. Et malgré le fait qu’aucun joueur n’était sur le parcours à cette heure matinale, nous étions déjà des milliers à fourmilier sur la propriété du Augusta National, la véritable vedette du Tournoi des Maîtres. C’est la perfection à tout point de vue.

À ce moment, impossible de m’enlever ce sourire qui me défigure le visage. J’étais là, tout près de l’immense Big Oak Tree, qui a installé ses racines près du premier tertre il y a plus de 150 ans. Je me plais à dire que je regardais avec lui cette immense propriété. On peut apercevoir les 2e et 7e verts au loin. L’endroit semble infini et je ne peux que m’imaginer ce parcours dans le silence complet. Une simplicité que seuls les golfeurs et golfeuses peuvent s’imaginer.

 

Vue depuis l’arrière du 6e vert.

Une petite idée du menu offert il y a cinq ans…

 

Café sur le premier neuf et dîner au Amen Corner

Ce fut un café noir pour accompagner notre marche du premier neuf. Le premier tertre est intimidant, le 2e vert est complètement ouvert et le 3e est probablement la normale 4 la plus sous-estimée du parcours. Chaque trou a son caractère. Chaque trou demande une attention particulière.

Derrière le 6e vert, tout semble tellement près! 7e et 17e tertres, 6e et 16e verts, le moindre excédant de bruit peut sensiblement déranger. Pas de chance de déranger de notre côté, nous sommes bouche bée à chaque occasion où l’on découvre visuellement le parcours. Il n’y a pas de mots!

Cette marche donne faim! Quoi de mieux que de casser la croute sur le « back » au Augusta National. Nous nous sommes arrêtés justement au casse-croute derrière le 12e trou.

Avec notre sandwich à 1,50$ entre les mains et notre bière à 4$ bien en sécurité entre les pieds, nous étions confortablement installés dans les gradins à observer le spectacle qui se dessinait devant nous. Le vent est maître dans cette section où se rencontrent les allées des 11e et 13e. Nous pouvions ressentir le vent de face à partir des estrades. Cependant, le fanion du 11e était secoué vers la gauche, tandis que le fanion du 12e s’agitait vers la droite. À peine deux bouchées de « pimento cheese » plus tard, les cartes avaient été mélangées. Nous nous sommes regardés avec un large sourire. Comment est-il possible de prendre une décision éclairée et d’y faire confiance à 100% ?

Imaginez le dimanche, lorsque vous êtes au plus fort de la lutte. À ce moment, j’avais saisi l’essence même du « Amen Corner ». J’avais compris pourquoi le 12e trou était l’une des normales 3 les plus redoutées sur la planète.

Le 13e trou depuis la portion droite de l’allée avec une touche photographique qui augmente les contrastes, ce qui donne un style « peinture ».

Vue panoramique de notre position au 16e.

Rory McIlroy qui venait tout juste de lancer sa balle dans la foule.

 

Être au bon endroit au bon moment

Lunch terminé, McIlroy vient d’effectuer une belle approche au 12e et joue en compagnie de l’Anglais Chris Wood. Ils ont l’air de jouer un match avec un ou deux dollars à l’enjeu. Pourquoi ne pas les suivre pendant quelques trous ? Ce ne fut pas la meilleure idée puisque la portion droite de l’allée du 13e était évidemment « pactée ». Allons plutôt les attendre autour du 15e ou 16e!

Voilà probablement la meilleure idée que l’on ait eue en cette journée magique! Après avoir sérieusement analysé pendant plusieurs minutes le vert du 14e, puis profité de tout notre temps dans l’allée du 15e, nous nous sommes trouvés une place de choix au tertre du 16e, faisant directement face au 15e vert.

Pourquoi ne pas se reposer sous un soleil de plomb ? Plusieurs minutes passent… et une dose bien méritée de crème solaire dans le cou plus tard, Wood et McIlroy apparaissent sur le 15e vert. Nous étions sur le point de nous lever afin de poursuivre notre tournée, mais aussi bien attendre quelques minutes et les regarder s’élancer au 16e!

McIlroy s’installe en premier, on déduit qu’il est clairement en avance dans ce match amical…

Un excellent coup qui se dirige au centre du vert. Le fanion est à l’avant sur la gauche, propice aux coups d’éclat. La balle tombe à la hauteur du drapeau et s’immobilise une fraction de seconde. La gravité entame son majestueux travail. La balle déboule lentement vers la coupe. Plus elle s’approche et plus la foule se lève. C’est fou ce qu’une balle de golf peut engendrer! Nous sommes des centaines à l’encourager, elle qui ne fait que suivre ce que la gravité oblige. Elle se rapproche et tout le monde semble rivé... le temps s’arrête une milliseconde, puis… cloc! On fond de la coupe !

Nul besoin de vous dire que les cris et les applaudissements ont éclaté, et ce, jusqu’à ce que McIlroy récupère sa balle au fond de la coupe avant de la lancer dans la foule située de l’autre côté de l’obstacle d’eau.Il est vrai que rien ne remplace le moment vécu, mais il y a tout de même une personne qui a eu le réflexe de partager ce moment sur sa chaîne YouTube.

 

Si vous vous posez la question, bien sûr que McIlroy a gagné son match amical avec ce coup d’éclat! Dans mon livre à moi, comme dirait ce cher Stan, c’est ce que j’appelle « être au bon endroit au bon moment. »

Bon Tournoi des Maîtres!

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