Hockey Le Magazine

Blogue Jean-Sébastien Légaré | Quoi retenir de cette Coupe des Présidents ?

Photo Getty

Les Américains ont répondu aux attentes en remportant la 14e édition de la Coupe des Présidents face à une équipe Internationale surprenante. Le spectacle a été plus qu’intéressant et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’on se tourne maintenant vers 2024 et le Club de golf Royal Montréal.

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

Le destin était inévitable, dimanche dernier, au Club Quail Hollow à Charlotte, en Caroline du Nord. La profondeur de l’équipe américaine était tout simplement trop imposante pour que la troupe internationale, menée par Trevor Immelman, comble l’important déficit de quatre points à l’aube des matchs en simple. Sur une possibilité de 12, l’équipe au bouclier noir et or devait remporter plus du deux tiers des confrontations, et ce, devant une foule américaine. Le classique David contre Goliath.

Au final, les résultats obtenus lors des deux premières journées de compétition ont pesé très lourd dans la balance. Comme dirait l’autre : « Ce qui devait arriver, arriva ! »

Pointage final : 17,5 à 12,5 pour les Américains. Cependant, l’écart de 5 résume bien mal l’intensité vécue sur le parcours lors de la dernière journée. Le miracle n’était qu’à quelques coups de se réaliser… des coups roulés, surtout.

La dernière semaine nous rappelle à quel point ces compétitions par équipe sont ce qu’il y a de mieux pour le golf. Max Homa l’a très bien mentionné : « L’argent ne peut pas acheter ces moments et ces sensations ».

Allons-y avec neuf constatations de cette 14e Coupe des Présidents.

 

Capitaine Trevor

Difficile de ne pas mettre en lumière le travail fait par le capitaine de l’équipe Internationale, Trevor Immelman, tout au long de la semaine. Compte tenu des nombreuses pertes en termes de joueurs qui se sont exilés pour la série LIV GOLF, le Sud-Africain a bien pesé ses mots et a su assembler une équipe compétitive. De ce côté-ci de la frontière, on espère que Mike Weir obtiendra le poste de capitaine pour la prochaine édition de la Coupe des Présidents, mais force est de constater qu’Immelman serait plus qu’un excellent choix.

 

O Canada

Malheureusement, il ne s’agit pas des premiers mots de notre hymne national, mais plutôt du nombre de points récoltés par les deux Canadiens, Corey Conners et Taylor Pendrith. Ils ont été blanchis, alors que les deux n’étaient pas en pleine possession de leurs moyens pour la compétition. La puissance de Pendrith a été étouffée par celle des Américains. Ce n’est pas compliqué, tout le monde ou presque frappe loin, aussi simple que ça ! Du côté de Conners, le putter a été déficient. Une faille facilement exposée sur des verts à une vitesse de 13. Ils s’en remettront assurément. La motivation sera grande pour 2024. Sans parler de celle de Mackenzie Hughes et d’Adam Hadwin, qui ne voudront pas être écartés de la conversation, encore une fois.

 

Munitions trop tardives ?

Évidemment, c’est toujours plus facile d’analyser la situation lorsque l’on connaît le résultat. Immelman mentionnait suivre un plan bien établi pour la sélection de ses joueurs et l’ordre des départs. On se demande si Tom Kim et Sungjae Im n’ont pas été lancés dans la mêlée trop tardivement. L’objectif était d’obtenir rapidement des points au classement lors de la dernière journée et clairement, Immelman a plutôt fait confiance à ses vétérans Hideki Matsuyama et Adam Scott. La recette n’a pas fonctionné. Est-ce que celle de la jeunesse aurait mieux fait ? Personne ne le saura.

 

La vitesse des verts en faveur des Américains

La préparation du parcours a avantagé l’équipe américaine. Impossible pour l’instant de prouver ce point, mais ce ne serait pas surprenant qu’il y ait eu une demande du côté du capitaine Davis Love III : des verts aussi rapides que possible! Voilà qui peut faire partie des stratégies. Des surfaces rapides exposent les lacunes et d’un point de vue statistiques individuelles, l’équipe Internationale n’était pas de taille face aux golfeurs de l’équipe américaine à ce niveau, surtout si l’on tient compte de la plus récente saison sur le PGA TOUR. Ne soyez pas surpris si vous voyez Corey Conners tester et employer une prise différente la saison prochaine.   

 

L’attitude de Thomas

Dès le début du reportage de la session ultime, on pouvait percevoir une attitude différente de la part de Justin Thomas. Avant même d’effectuer un premier élan sur le parcours, son regard et son non-verbal laissaient présager un manque de patience. Certains diront qu’il était motivé et prêt à aller à la guerre, mais je crois plutôt qu’il était contrarié par quelque chose. Peu importe. L’objectif n’est pas ici de le condamner, mais ses gestes de mécontentement face à un petit coup roulé qui ne lui a pas été concédé démontre une attitude peu exemplaire de la part du septième joueur mondial. L’esprit sportif est supposé être un élément primaire de ce genre de compétition. 

 

Changer la formule ?

Sur 14 éditions de la Coupe des Présidents, les Américains en ont remporté 12. La question se pose : faut-il maintenir la formule utilisée ? À titre de comparaison, à l’époque des débuts de la Coupe Ryder, il s’est joué 19 éditions avant qu’il y ait un premier changement du côté de l’Europe au niveau de l’éligibilité des joueurs. Plusieurs avancent l’idée d’en faire un évènement mixte avec six hommes et autant de femmes de chaque côté. L’idée n’est pas vilaine, mais ce ne sera assurément pas pour 2024. Oubliez l’idée de voir Brooke Henderson au Royal Montréal. D’ici 2030 ? C’est effectivement une possibilité, mais pourquoi pas une lutte à trois entre les États-Unis, l’Europe et le reste du monde ? On jase…

 

Merci pour tout, Adam!

L’Australien Adam Scott en était à une 10e participation à la Coupe des Présidents. Le golfeur âgé de 42 ans a joué les cinq sessions, récoltant seulement deux points, portant ainsi sa fiche globale à 18 victoires, 25 défaites et 6 matchs nuls. Encore une fois, on s’attendait à plus de la part du vétéran gentleman. La formule match-play n’a jamais été sa tasse de thé. Sera-t-il en mesure de maintenir un bon niveau de jeu pendant deux ans pour à nouveau sécuriser sa place au sein de l’équipe ? À condition de demeurer sur le PGA TOUR… qui sait ! Si tel est le cas, on peut certainement s’attendre à le voir comme capitaine pour l’édition de 2028 en Australie.

 

Dose de confiance !

Qu’il soit question de la Coupe des Présidents ou de la Coupe Ryder, il y a toujours des joueurs qui en ressortent grandis au niveau de la confiance. Ç’a été le cas pour Scottie Scheffler, l’an passé, alors qu’il avait été un choix du capitaine à l’occasion de la Coupe Ryder. Un an plus tard, il siège au sommet du classement mondial. À cet égard, je mise sur Cam Davis et Sebastian Munoz. Non pas pour se hisser au sommet du classement mondial, mais ne soyez pas surpris s’ils soulèvent d’importants trophée la saison prochaine. Parlant de Scheffler, il a déçu. Il est temps de se reposer pour lui, ç’a été une longue saison.

 

Déserteurs ?

Parmi les 24 joueurs en action à Quail Hollow, est-ce qu’il y en a qui quitteront pour la série LIV GOLF ? La question se pose. Plus rien ne semble surprendre depuis le début 2022. Un p’tit « 2 » sur Si Woo Kim, ce qui expliquerait l’attitude de Thomas à son égard. Encore une fois… on jase!

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.