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Blogue Jean-Sébastien Légaré | L’unique calendrier 2023

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Les dirigeants du PGA TOUR ont annoncé, mercredi dernier, la bonification des bourses pour quatre tournois disputés la saison prochaine. Un calendrier 2023 tout à fait unique se dessine pour les meilleurs golfeurs de la planète. 

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

La bonification est bien simple : 20 millions $ seront offerts lors de l’Omnium Waste Management Phoenix, le tournoi RBC Héritage, le Championnat Wells Fargo ainsi que le Championnat Travelers.

Selon les propos de la haute sphère du PGA TOUR, il s’agit là d’une bonification d’un an, donc il n’y a rien de garanti pour ces quatre évènements en 2024, 2025 et ainsi de suite…

Ces quatre tournois viennent donc s’ajouter aux six autres évènements dont les bourses avaient été préalablement augmentées lors de l’annonce du calendrier 2022-2023, en août dernier.

Hypothétiquement, si l’on ajoute les tournois majeurs qui risquent d’appliquer en soi la même recette, l’élite golfique disputera pas moins de 13 tournois ayant à l’enjeu 20 millions $ ou plus.

C’est donc dire que l’Omnium canadien RBC a été écarté de la sélection finale. Certaines sources médiatiques ont mentionné que les évènements précédant les tournois majeurs ont été volontairement écartés dans le processus de sélection pour la bonification. Notre omnium national en faisait partie.

À l’inverse, mentionnons que deux des quatre tournois aux bourses bonifiées suivent directement un tournoi majeur. Il s’agit du RBC Héritage, après le Tournoi des Maîtres, et le Championnat Travelers, après l’Omnium des États-Unis.

De plus, comme il a été rapporté par Golf Digest, la saison 2022-2023 ne comportera pas moins de 55 tournois si l’on se fie aux propos du responsable des tournois et compétitions du PGA TOUR, Andy Pazder.

Il est vrai que les 70 meilleurs golfeurs au classement de la Coupe FedEx pourront participer aux séries éliminatoires au mois d’août prochain, mais tout indique que les tournois disputés à l’automne prochain serviront à établir les position 71 à 125, c’est-à-dire la suite des golfeurs qui obtiendront leur carte en vue de la saison 2024.

On peut donc prévoir que le classement aux points sera maintenu après les séries éliminatoires pour ceux qui bataillent pour une place dans le Top 125.

On mentionne également que les victoires obtenues à l’automne seront tout aussi officielles et permettront d’accéder au Tournoi des Maîtres et au Tournoi des Champions l’année suivante.

Voilà donc une excellente opportunité et tout un défi pour les golfeurs qui font leur entrée sur le grand circuit. Compte tenu de la nouvelle règlementation, ils sont assurés de gains de 500 000$ s’ils connaissent une saison difficile, mais là où le tout devient intéressant est l’accessibilité aux tournois pour les joueurs qui tentent de s’établir sur le PGA TOUR. De bonnes performances leur ouvriront des portes pour accéder aux tournois « bonifiés », mais le contraire n’indique pas nécessairement plus d’opportunités, et ce, malgré les 55 tournois à l’horaire. Donc, pour les nouveaux arrivés, si les récoltes ne sont pas fructueuses lors de la période estivale, il y aura l’automne prochain pour sécuriser leur place en 2024.

Dire que le calendrier du circuit de la PGA sera tenu de janvier à août n’est donc pas l’entière vérité. La course pour les séries éliminatoires de la Coupe FedEx, elle, sera tenue de janvier à août, mais le calendrier complet sera maintenu tout au long de l’année.

La dernière fois que l’on a présenté un calendrier de tournois en une seule et même année remonte à 2013, où 40 événements étaient à l’horaire incluant les séries éliminatoires.

Dix ans plus tard, trop de commanditaires sont impliqués pour enrayer sept ou huit tournois dans les prochaines années. Reste à voir quels tournois conserveront leur place actuelle au calendrier et quels seront ceux qui devront être relocalisés, de façon à ce que « tout le monde soit heureux »… Cette fameuse utopie!   

 

Le PGA TOUR à deux niveaux

En excluant les séries éliminatoires, le calendrier du PGA TOUR tournera essentiellement et monétairement autour de 14 tournois, dont, bien sûr, les quatre majeurs. Tous seront disputés à l’intérieur d’une période de 31 semaines (janvier à août), soit approximativement une semaine sur deux.

Cependant, le calendrier devient encore plus condensé si l’on s’attarde à la portion entre février et juin. En 22 semaines, 12 tournois au statut « élevé », incluant trois majeurs, seront à l’horaire. Ce sera donc, d’une part, beaucoup de pain sur la planche pour les meilleurs joueurs au monde et, d’autre part, une division évidente au calendrier pour les autres tournois non bonifiés.

Au beau milieu de cette congestion de millions $ entre février et juin se retrouve le Tournoi AT&T Pebble Beach Pro-Am, la Classique Honda, le Championnat Valspar, l’Omnium Valero du Texas, la Classique Zurich de la Nouvelle-Orléans (tournoi en équipe), l’Omnium du Mexique, le tournoi Byron Nelson, le Challenge Charles Schwab ainsi que l’Omnium canadien RBC, où aucun d’entre eux n’atteint 50% des bourses proposées lors d’évènements « bonifiés. »

Ces tournois seront-ils bonifiés en 2024 ? Nous le saurons l’an prochain. Une chose est certaine, les golfeurs établiront leur calendrier de compétition en fonction des tournois bonifiés, ce qui risque du même coup de diluer le produit des tournois précédemment mentionnés.

Pour mettre tous ces millions $ en lien avec le classement mondial, il est évident qu’une bonne performance obtenue lors de tournois « bonifiés » vaudra plus de points au classement mondial que cette même performance réussie à un événement dit « régulier ». Le tout dépend toujours de quel adversaire vous avez réussi à vaincre.

Au final, pourquoi le Championnat Travelers vaudra plus de points à l’échelle mondiale que l’Omnium canadien RBC ? Simplement parce que les millions $ auront attirés les meilleurs golfeurs. Une stratégie qui a été employée ailleurs, dernièrement…

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