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Blogue Jean-Sébastien Légaré | Il est temps d’augmenter le vrai défi

Le vainqueur du tournoi, Bryson DeChambeau, sur le parcours Winged Foot. (Getty)

À chaque année, la tenue de l’Omnium des États-Unis amène la critique populaire à débattre sur un sujet qui trouve rarement de terrain d’entente : comment offrir le défi le plus imposant de l’année sans franchir la fameuse zone grise ?

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

La préparation du parcours renferme plusieurs dossiers : fermeté des allées et des verts, hauteur de l’herbe longue, position des fanions et la longueur des trous. Quant à moi, une partie de la solution ne se trouve pas au niveau du parcours, ni de l’équipement des joueurs.

On pose souvent la question aux amateurs : aimez-vous ce genre de spectacle à la télévision, alors que les golfeurs en arrachent à chacun des trous? Un vainqueur affichant un cumulatif au-dessus de la normale est-il bon pour le spectacle ? Est-ce suffisant d’avoir ce genre de test qu’une seule fois par année ?

Avoir différents défis est la beauté de notre sport, mais Dame Nature aura toujours son mot à dire, et ce, peu importe les efforts déployés par les équipes d’entretien.

Si l’on tient compte de l’avancement technologique et de l’athlétisme des golfeurs d’aujourd’hui, il n’y a que la fermeté des verts qui peut donner du fil à retorde à l’élite mondiale.

À preuve : le parcours Winged Foot possédait une herbe longue avoisinant les six pouces de long et la largeur des allées pouvait sans aucun doute faire frémir n’importe quel golfeur qui a de la difficulté à jouer sous la barre des 90.

On disait vouloir récompenser la précision avec de telles allées. Cette arme n’a plus autant de mordant qu’auparavant. Les golfeurs qui forment l’élite mondiale frappent largement au-delà de 300 verges et utilisent des fers beaucoup plus courts pour attaquer les fanions. Il ne s’agit plus de fers 5 ou 6, mais bien 8 et 9.

Bref, ce ne sont pas nécessairement les plus précis qui ont terminé dans la première portion du classement final, dimanche dernier. Le débat sur la distance est légitime, mais selon moi, l’attention ne devrait pas être à ce niveau. On tente de ralentir quelque chose d’inévitable.

 

Pourquoi ne pas revenir à la base ?

Le premier rapport sur la distance a été présentée au début de l’année (lorsque tout était bien normal…) et il a mis en lumière un défi de taille. Pour faire court, les joueurs frappent trop loin et les parcours ne sont plus aussi pénalisants.

On parle alors de changer la règlementation au niveau de l’équipement. Les instances tentent de trouver une façon de limiter le progrès technologique. Personnellement, c’est bien le seul domaine où j’entends ce genre de concept : ralentir l’évolution !

Pourquoi ne pas laisser le sac de golf de côté et réfléchir à tout ce qui aide le golfeur lorsqu’il est en compétition ? Ma façon de voir les choses est quelque peu différente et fait référence aux ateliers mobiles des fabricants qui sont sur place à chaque tournoi.

L’équipement des golfeurs peut être modifié et peaufiné. Cependant, ces ateliers doivent plier bagage le mercredi, en fin d’après-midi. Ainsi, aucune modification ne peut être apportée une fois les hostilités amorcées.

En ce sens, le carnet de parcours est un premier élément où son utilisation pourrait être modifiée. Je n’ai aucun problème à ce que les distances soient consultées lors des rondes de compétition, mais que chaque dénivellation soit illustrée avec une extrême précision, j’ai un peu plus de difficulté avec ça.

Primo, le golf est, à la base, une question de sensations. Secundo, il s’agit de l’arme de défense principale des parcours et on donne ainsi toutes les informations aux golfeurs pour la contrer. Tertio, le temps de jeu est un élément qui défrayerait moins les manchettes.

Parlant de temps de jeu, est-ce que les instances peuvent se pencher sérieusement sur la question ? Il est plus que temps ! Je n’embarquerai pas dans ce dossier, mais je vais simplement faire référence à un excellent tweet que j’ai vu le weekend dernier : un golfeur qui joue rapidement n’affectera jamais un golfeur qui joue lentement. Malheureusement, on ne peut pas dire l’inverse.

Dimanche dernier, Matthew Wolff en a été victime. Sujet clos.      

 

Aide technologique, vous dites !

Un autre concept qui, selon moi, doit être considéré avant de s’attaquer au rapport sur la distance, c’est l’aide technologique sur laquelle les joueurs s’appuient lors d’une compétition. Entre les rondes d’un tournoi, les fameux Trackman sont des outils indispensables aux joueurs.

Lors de la période d’échauffement, ils ajustent leurs sensations à chaque balle frappée en fonction des données qu’ils reçoivent. Ils calibrent ainsi leur élan avant et, si nécessaire, après la partie. Où est le principal défi du golf ?

Comme les ateliers mobiles, ces outils électroniques ne devraient plus être autorisés le jeudi matin. Les golfeurs devraient être laissés à leur feeling une fois la compétition entamée.

Il ne s’agit que de simples suggestions, évidemment, mais qui permettraient de retrouver un peu plus, à mon avis, l’essentiel du défi : le contrôle des sens.

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