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Blogue Jean-Sébastien Légaré | Bilan de la super-saison!

Patrick Cantlay et Jon Rahm (Getty)

L’Américain Patrick Cantlay a mis la main, dimanche dernier, sur la Coupe FedEx accompagnée du colossal chèque de 15 millions $, mettant ainsi un terme à la super-saison 2020-2021 sur le PGA TOUR. Quoi retenir des 12 derniers mois ? C’est l’heure du bilan!  

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

Cinquante-deux évènements plus tard, à quel point cette saison a été longue ? Dites-vous que la victoire de Bryson DeChambeau à l’Omnium des États-Unis, sur le difficile parcours de Winged Foot, faisait partie de ladite saison qui vient tout juste de prendre fin dimanche dernier.

Soyons franc, ça faisait un bout qu’elle avait commencé ! C’est donc compréhensible que vous ayez perdu le fil à certains moments. Que s’est -il passé depuis ?

L’accident de la route impliquant Tiger Woods, survenu en février dernier, est probablement l’évènement qui a le plus marqué le monde du golf dans la dernière année.

Vu la gravité de la scène de l’accident, tous s’entendaient pour dire que le golf ne faisait plus partie des discussions. Pour ce que l’on est en mesure de voir via les médias sociaux, tout porte à croire qu’il pourra retrouver, lentement mais sûrement, une vie somme toute normale. Hypothétiquement, les béquilles ne semblent plus faire partie du paysage quotidien de Tiger. Est-ce que l’on peut espérer l’apercevoir s’élancer « pour le plaisir » d’ici la fin 2021? À suivre!

Il y a d’autres nouvelles qui ont fait les manchettes à l’extérieur des allées, comme les possibles modifications concernant l’équipement au niveau professionnel. La USGA et la R&A entendent bien apporter des changements, et ce, très prochainement. À quoi les golfeurs de la PGA devront s’adapter pour l’an 2022 ?

Chose certaine, les livrets de parcours seront différents sur le PGA TOUR. Terminées, ces flèches dans les calepins de notes pour indiquer les dénivellations sur les verts! Il faudra utiliser vos yeux, M. Bryson, et vous fier uniquement à vos sensations.

Je me demande s’il y aura une véritable différence au niveau des statistiques à propos des coups roulés la saison prochaine…

Autre manchette, cette fois non-nécessaire, celle du rififi médiatique entre DeChambeau et Brooks Koepka. Depuis le mois de mai, cette chicane a pris une ampleur démesurée qui n’a nullement sa place dans le monde du golf. Il est temps de passer à autre chose.

 

Majeurs, Olympiques et prolongations!

Rappelons que cette super-saison combinait six tournois majeurs. DeChambeau a remporté le premier, et Dustin Johnson a mis la main, au mois de novembre 2021, sur le veston vert à l’occasion du plus singulier Tournoi des Maîtres. Quelques mois plus tard, il remettait son titre verdoyant en jeu pour voir Hideki Matsuyama remporter, enfin, la toute première victoire majeure de sa carrière.

Phil Mickelson a ensuite réécrit l’histoire au Championnat de la PGA. La preuve est maintenant faite : tout est possible, même après 50 ans !

L’Espagnol Jon Rahm a remporté la plus belle bataille de la saison du côté de Torrey Pines. L’Omnium des États-Unis reste la seule conquête de Rahm. C’est probablement la statistique la plus surprenante de l’année. Oh qu’il a été dominant au cours de la saison ! À moins d’une controverse, il sera élu joueur de l’année sur le circuit.

Quinze fois dans le Top 10 et un astérisque : celui d’avoir mené le tournoi Memorial par six coups avec 18 trous à jouer, avant de devoir déclarer forfait dû à un test positif à la COVID-19. Rahm est classé numéro un au monde et j’ai l’impression que si la santé physique reste intacte, il demeurera en place pour encore bien longtemps ! Plusieurs ont bien hâte de le voir évoluer au sein de l’équipe européenne lors de la Coupe Ryder, qui sera disputée dans deux semaines.

Finalement, ç’a été Collin Morikawa qui a dompté l’Omnium britannique avec une précision hors du commun. À ce moment, il était difficile de trouver une faille dans son jeu. C’est finalement un calendrier surchargé qui semble avoir eu raison de l’Américain. Blessure au dos et précautions ont été de mise. Sera-t-il au sommet de sa forme pour, peut-être, affronter Rahm à Whisling Straits? Qui sait…

Ajoutons également Brooks Koepka dans le lot des incertains pour la Coupe Ryder. Blessure à la main gauche survenue à East Lake… Satanée racine !

Parlant de calendrier chargé, c’était une année olympique. On rappelle le podium masculin : Xander Schauffele, Rory Sabbatini et C.T. Pan. Le débat a déjà été lancé pour 2024. La formule de jeu devra être différente si le golf veut se démarquer en tant que discipline olympique.

Retournons à nos moutons ! Quarante-trois golfeurs différents ont soulevé un trophée cette saison.  Patrick Cantlay a mené le bal avec quatre victoires. Félicitations !

Par contre, j’y vais d’une critique constructive puisque la victoire au Championnat du circuit lui a été accordée malgré le fait qu’il n’ait pas inscrit le meilleur cumulatif au terme des quatre jours de compétition. Je comprends et je lui accorde entièrement la victoire de la Coupe FedEx, mais lui octroyer un gain officiel pour le Championnat du circuit, alors qu’il a été battu au cumulatif, me laisse croire qu’il y a de la place pour amélioration. Fin du plaidoyer !

Cinq golfeurs ont mérité deux victoires : Stewart Cink, Bryson DeChambeau, Harris English, Jason Kokrak et Collin Morikawa.

Cink, English et Kokrak n’étaient assurément pas sur ma liste de joueurs à surveiller. Peut-être étaient-ils sur la vôtre? Permettez-moi d’en douter!

Dix golfeurs ont mérité une première victoire en carrière, loin du record de 18 établi en 2002. Plusieurs autres victoires ont été populaires et ont fait grandement du bien, dont celles de Sergio Garcia, Jordan Spieth, Rory McIlroy et de Finau.

Quatorze tournois ont nécessité une prolongation et plusieurs d’entre elles ont été plus qu’enlevantes. Récemment, Cantlay et DeChambeau ont croisé le fer à Caves Valley, mais mon coup de cœur demeure le duel entre Harris English et Kramer Hikok lors du Championnat Travelers. Une bataille longue de huit trous, combinée à une ambiance survoltée, a permis, selon moi, d’offrir l’une des plus belles finales d’un tournoi régulier cette saison.  

 

Ô Canada !

Trente-huit trous d’un coup ont été réussis, dont deux par le Canadien Corey Conners. Certains se rappelleront celui qu’il a réalisé sur le 6e trou lors de la troisième ronde du Tournoi des Maîtres. Magique! Ce fait d’armes lui a même valu un beigne à son nom, gracieuseté de Tim Hortons.

Un autre de chez nous fait aussi partie de cette liste. Le vétéran David Hearn a réalisé le sien lors de la Classique John Deere.

Pendant que nous sommes dans l’allée des faits saillants canadiens, allons-y avec la performance de Mackenzie Hughes lors de l’Omnium des États-Unis. Co-meneur à la l’aube de la ronde finale, la tâche était lourde, mais j’ai bien l’impression que l’expérience acquise n’a fait que diminuer les délais entre maintenant et sa prochaine victoire.

Que dire de la constance de Conners : 19 Top 25 en 29 tournois et 32e au classement mondial. L’unifolié se porte très bien sur le circuit de la PGA. En fait, vous risquez d’en voir davantage en 2022, puisque huit Canadiens seront membres à temps complet sur le grand circuit. Corey Conners, Michael Gligic, Adam Hadwin, Mackenzie Hughes, Taylor Pendrith, Roger Sloan, Adam Svensson et Nick Taylor représenteront fièrement le Canada. L’avenir s’annonce excitant, d’autant plus qu’une certaine Coupe des Présidents sera disputée au Royal Montréal dans moins de trois ans.

Sans oublier le vétéran Graham DeLaet, qui détient toujours une exemption médicale en 2022. Souhaitons-lui un dos en santé.

 

Pourquoi pas un peu de stats ?

Allons-y avec quelques statistiques de parcours qui ont marqué la saison. D’abord, le meilleur pointage inscrit a été de 60, répété à trois occasions. James Hahn (Championnat Barbasol), Cameron Smith (Omnium Northern Trust) et Bryson DeChambeau (Championnat BMW) ont tous eu la possibilité de passer à l’histoire, mais malheureusement, le groupe sélect des « 59 » reste intact.

Jon Rahm a maintenu la meilleure moyenne de coups, avec 69,3.

Bryson DeChambeau a été le plus puissant avec une moyenne de 323,7 verges par coup de départ.

Par contre, le plus long coup de départ de la saison appartient à nul autre que… Lee Westwood! Une claque de 425 verges qui est survenu au 8e trou de la troisième ronde du Tournoi AT&T Byron Nelson. Il n’y a rien de confirmé, mais probablement que sa balle a obtenu l’aide du sentier asphalté. 

Brendon Todd a été le plus précis depuis les tertres avec un taux d’efficacité de 75,25%. Pour ce qui est des verts atteints en coups prescrits, c’est Cameron Percy qui a terminé premier avec un pourcentage de 72,58.

Sur les verts, Patrick Reed mène, au moment où l’on se parle, une statistique enviable, soit le plus de trous consécutifs sans réaliser trois roulés. Pour l’instant, Reed en est à 239 trous consécutifs, soit plus de 13 rondes de golf. Quelle est votre plus longue séquence à vous ?

Toujours sur les verts, c’est un autre vétéran qui obtient la palme pour avoir réussi le plus long coup roulé de la saison. Zach Johnson a enfilé l’aiguille sur 92 pieds et 11 pouces lors de la troisième ronde de l’Omnium américain présenté à Winged Foot, en septembre 2020. Et c’était pour sauver la normale, s’il-vous-plaît!

Toujours selon les statistiques, c’est de Brooks Koepka que vous devriez suivre une leçon à partir des fosses de sable puisqu’il a été le meilleur en terrain sablonneux avec une efficacité de 65,38%.

 

Une question de cash !

En terminant, parlons de salaire un brin. Si l’on exclut les bonus de la Coupe FedEx, Rahm termine au premier rang avec plus de 7,7 millions de dollars en bourses.

Petite mention sur Louis Oosthuizen, « l’éternel deuxième » qui n’a toujours pas renoué avec la victoire depuis 2010. Il a tout de même mis la main sur plus de 6,3 millions de dollars cette saison. Combien serait-il prêt à payer pour un coup de départ dans l’allée au 17e trou du parcours Torrey Pines?

Corey Conners a été le meilleur Canadien avec des gains dépassant les quatre millions de dollars. En tout et partout, ils sont 124 golfeurs à avoir mérité plus d’un million de dollars en bourses cette saison.

La recrue de l’année… Will Zalatoris !

Même si, par définition, il n’était pas une recrue, n’étant pas un membre officiel du circuit de la PGA, le jeune américain a joué 25 tournois et il a amassé près de 3,5 millions de dollars. Il n’a pu participer aux séries éliminatoires de la Coupe FedEx, n’étant pas un membre à part entière du circuit. Il le sera évidemment la saison prochaine, qui commence maintenant… ou presque !

Et oui! La saison 2021-2022 commence la semaine prochaine dans la région de Napa, en Californie, avec le Championnat Fortinet.

Quelles sont vos prédictions ? J’y vais avec le retour de Tiger. Attendez… mon cerveau doit confondre prédiction et revendication. Mes excuses !

Entre temps, bon golf d’automne ici au Québec!

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