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Blogue Jean-Sébastien Légaré | Après le succès, les remises en question

Photo Getty

Le dernier weekend a été fort en rebondissements et ponctué de succès autant du côté d’Ottawa, à la LPGA, qu’aux États-Unis, à Atlanta, sur le PGA TOUR. Maintenant, la question se pose : est-ce qu’il y a façon d’améliorer le produit ?

 

Jean-Sébastien Légaré | Au19e.ca

Rédacteur en chef

 

D’abord, après une absence de deux ans au calendrier de la LPGA, l’Omnium féminin CP était enfin de retour, cette fois au Club de golf Ottawa Hunt. Tout était en place pour un évènement haut en couleurs, mais Dame Nature a eu son mot à dire dans le déroulement et l’horaire de la compétition.

Tous les yeux étaient rivés sur Brooke Henderson et malheureusement, nous n’avons pas été en mesure de la voir bien souvent en action au cours du tournoi, notamment de par son jeu décevant, mais aussi à cause des heures de diffusion imposées par le réseau américain Golf Channel. J’emploi le verbe « imposé » car, bien évidemment, le Championnat du circuit sur le PGA TOUR avait lieu au même moment du côté d’Atlanta. Il y avait donc priorité à messieurs. Ce qui explique, d’ailleurs, les heures matinales lors des deux premières rondes pour l’Omnium féminin CP. Une rareté à l’exception des omniums britanniques.

On a bien beau vouloir l’équité entre les hommes et les femmes, mais même dans le monde du sport, on pourrait qualifier l’écart de gargantuesque!

Ce qui m’amène à ma première suggestion : déplacer l’Omnium féminin CP au calendrier de façon à ne pas être en conflit avec les séries éliminatoires de la Coupe FedEx du côté des hommes.

La bonne nouvelle, c’est que l’on connait déjà l’horaire du PGA TOUR pour la prochaine saison, alors simplement tenter d’éviter à tout de moins le dernier weekend du mois d’août. Sinon, on se retrouvera avec la même problématique et les mêmes conflits d’horaire de diffusion au réseau Golf Channel.

Une mince consolation à prévoir, diront certains, c’est le réseau américain CBS qui sera le diffuseur officiel des séries éliminatoires de la Coupe FedEx l’an prochain. Peut-être aurons-nous droit à des heures plus à propos pour les meilleures golfeuses au monde.

Parlant de calendrier régulier, l’engouement du golf au Canada est tel que l’on doit sérieusement envisager deux évènements féminins de ce côté-ci de la frontière. Même si l’on attend les données finales, la vente de billets a été un véritable de succès. Si seulement Brooke avait été dans le coup ! Les golfeuses l’ont mentionné à quel point elles aiment venir jouer au Canada. Il s’agit du sixième majeur de la saison. Rien de moins !

Félicitations à Paula Reto, qui a tenu tête à Nelly Korda en jouant du golf inspirant. C’était rafraichissant de voir une golfeuse s’exprimer autant sur un parcours de golf. Ça manque à la LPGA.

 

De vraies éliminatoires

Difficile de comparer les sports les uns envers les autres, mais il faut admettre que le concept de séries éliminatoires sur le circuit de la PGA n’a rien à voir avec tous les autres sports. Tout comme plusieurs joueurs ont mentionné en début de semaine passée, je ne suis pas fou de la façon dont les pointages sont comptabilisés durant ces fameuses séries.

Dans tous les autres sports, une fois que tu participes aux séries de fin de saison, techniquement, tous redémarrent sur le même pied d’égalité. Alors pourquoi ne pas faire la même chose au golf ?

En fait, la raison n’est pas si compliquée à comprendre! Ce sont les joueurs qui décident et qui statuent sur les règles mises en place. Les joueurs vedettes se protègent entre eux et le circuit de la PGA veut s’assurer que ses stars ne soient pas éliminées rapidement. On veut la crème de la crème à Atlanta. Alors la saison régulière a son influence jusqu’au tout dernière tournoi afin que les têtes d’affiche aient pratiquement une place garantie dans le Top 30 final.

Dans les autres sports d’équipe, il n’y a pas cette philosophie. Une fois qu’une équipe de hockey accède aux séries d’après-saison, tout peut arriver. Alors en ce sens, voici ce qui serait intéressant de voir dans le futur, à mon avis.

Le Top 70 se qualifierait pour le premier tournoi éliminatoire. Le système de points n’existerait plus. Aucune coupure. Seuls les 50 premiers au classement au terme des 72 trous de compétition accèderaient à l’étape suivante.

Tout comme lorsqu’une équipe remporte une série 4 de 7 face à un adversaire, on repart à zéro face au prochain opposant.

Ainsi, tous les joueurs repartiraient à égalité à la normale lors de la deuxième étape. Aucune coupure évidemment avec seulement 50 joueurs en piste. Encore une fois, au terme des quatre jours de compétition, les 30 premiers accèderaient à la finale.

Et devinez quoi ? Tous les joueurs redémarreraient à égalité avec le par à Atlanta. Il n’y aurait aucun avantage, et ce, même si vous aviez remporté le tournoi la semaine précédente.

Évidemment, c’est pareil pour le hockey. Vous avez bien beau avoir balayé votre adversaire 4-0 dans la série précédente, vous n’avez pas d’avantages quelconque lors de la série suivante. C’est ça, de véritables séries éliminatoires !

Voilà pour cette utopie de la semaine. Reste à voir si le PGA TOUR apportera d’autres changements afin d’améliorer la formule pour 2023. Chose certaine, ils ne seront plus 125 au départ, mais seulement 70. Le club élite sera encore plus restreint !

Entre temps, d’autres golfeurs font le saut du côté de LIV GOLF. La coupe des Présidents perd malheureusement de son éclat. Même chose pour la Coupe Ryder, qui sera disputée l’an prochain. Au final, ce sont les amateurs qui écopent, car ce n’est plus tout à fait l’élite mondiale qui s’affronte. Il manque des morceaux. Un petit astérisque sera posé lors de ces prochaines compétitions.

Ah oui, ne faites pas le saut ! Le mois d’août est pratiquement déjà terminé ! Il va malheureusement falloir penser à sortir les manches longues. Bon golf !

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